Cette question est archivée, les contributions sont neutralisées. 

Bonjour Nathalie,
Le contexte
Deux grandes explication possibles : une mutation d’un ou plusieurs gènes ; ou bien l’exposition à un carcinogène facteur de risque commun à plusieurs localisations de la maladie. Il faut mettre à part, les formes exceptionnelles de cancer héréditaires.
Un petit rappel
Le cancer est une maladie des gènes. C’est une expression altérée de nombreux gènes aboutissant à la sélection progressive de cellules avec phénotype tumoral. Il s’agit d’altérations somatiques, le plus souvent, ou d’altérations constitutionnelles dans les rares cas de prédisposition héréditaire au cancer. Les gènes régulent la prolifération, la différenciation, la sénescence cellulaire, ainsi que l’apoptose. Enfin, ils contrôlent le maintien de l’intégrité du génome grâce à des mécanismes de réparation de l’ADN et de surveillance du bon déroulement de la ségrégation des chromosomes au cours de la mitose. Les gènes dits « oncogènes » sont activateurs de la tumeur et leur mécanisme est dominant aboutissant ainsi à des réarrangements chromosomiques révélés par des études cytogénétiques. Alors que le proto-oncogène assure la transmission d’un signal de prolifération cellulaire, l’oncogène accélère la division cellulaire. Une mutation activatrice est ainsi suffisante pour stimuler la prolifération cellulaire puisqu’il s’agit d’une action « dominante ». Au contraire, les gènes suppresseurs de tumeur inactivent la tumeur mais leur mécanisme est récessif.

  • Une mutation génétique
  • Certaines personnes sont porteuses d’une mutation d’un gène. Par exemple, le risque de développer un cancer associé à une mutation BRCA2 est très nettement supérieur que celui associé à une mutation de type BRCA1. De plus, dans le premier cas, l’apparition des tumeurs est beaucoup plus précoce. A titre d’exemple, le risque cumulé d’un cancer dans l’autre sein dans un intervalle de 10 ans pour une mutation BRCA est de 32% (3%/an) alors que ce risque cumulé pour une mutation BRCA2 est moindre : 24,5% (0.7%/an).
    En cas de cancer colorectal familial (avec ou sans polypose), le risque relatif associé de développer un second cancer de l’endomètre, de l’intestin grêle voire de l’ovaire, existe.

    • Un cancérogène commun
    • L’autre raison est l’existence d’un facteur de risque commun à plusieurs types de cancers. Par exemple, les cancers de la gorge et les cancers du poumon, partagent les mêmes facteurs de risque tels que le tabac. Il n’est donc pas exceptionnel de développer un cancer du larynx puis un cancer du poumon. Dans d’autres cas, si l’organe est pair, on peut voir, par exemple en cas d’intoxication tabagique, apparaitre un cancer dans un poumon et plusieurs années plus tard, un second cancer dans l’autre poumon.

Commentaires (1)

Bonjour Nathalie,
Le contexte
Deux grandes explication possibles : une mutation d’un ou plusieurs gènes ; ou bien l’exposition à un carcinogène facteur de risque commun à plusieurs localisations de la maladie. Il faut mettre à part, les formes exceptionnelles de cancer héréditaires.
Un petit rappel
Le cancer est une maladie des gènes. C’est une expression altérée de nombreux gènes aboutissant à la sélection progressive de cellules avec phénotype tumoral. Il s’agit d’altérations somatiques, le plus souvent, ou d’altérations constitutionnelles dans les rares cas de prédisposition héréditaire au cancer. Les gènes régulent la prolifération, la différenciation, la sénescence cellulaire, ainsi que l’apoptose. Enfin, ils contrôlent le maintien de l’intégrité du génome grâce à des mécanismes de réparation de l’ADN et de surveillance du bon déroulement de la ségrégation des chromosomes au cours de la mitose. Les gènes dits « oncogènes » sont activateurs de la tumeur et leur mécanisme est dominant aboutissant ainsi à des réarrangements chromosomiques révélés par des études cytogénétiques. Alors que le proto-oncogène assure la transmission d’un signal de prolifération cellulaire, l’oncogène accélère la division cellulaire. Une mutation activatrice est ainsi suffisante pour stimuler la prolifération cellulaire puisqu’il s’agit d’une action « dominante ». Au contraire, les gènes suppresseurs de tumeur inactivent la tumeur mais leur mécanisme est récessif.

  • Une mutation génétique
  • Certaines personnes sont porteuses d’une mutation d’un gène. Par exemple, le risque de développer un cancer associé à une mutation BRCA2 est très nettement supérieur que celui associé à une mutation de type BRCA1. De plus, dans le premier cas, l’apparition des tumeurs est beaucoup plus précoce. A titre d’exemple, le risque cumulé d’un cancer dans l’autre sein dans un intervalle de 10 ans pour une mutation BRCA est de 32% (3%/an) alors que ce risque cumulé pour une mutation BRCA2 est moindre : 24,5% (0.7%/an).
    En cas de cancer colorectal familial (avec ou sans polypose), le risque relatif associé de développer un second cancer de l’endomètre, de l’intestin grêle voire de l’ovaire, existe.

    • Un cancérogène commun
    • L’autre raison est l’existence d’un facteur de risque commun à plusieurs types de cancers. Par exemple, les cancers de la gorge et les cancers du poumon, partagent les mêmes facteurs de risque tels que le tabac. Il n’est donc pas exceptionnel de développer un cancer du larynx puis un cancer du poumon. Dans d’autres cas, si l’organe est pair, on peut voir, par exemple en cas d’intoxication tabagique, apparaitre un cancer dans un poumon et plusieurs années plus tard, un second cancer dans l’autre poumon.

LE GRAND DIRECT DES CHERCHEURS 2012| Nos partenaires| Conditions générales d’utilisation| Contact| L'ARC| Archives des questions