Cette question est archivée, les contributions sont neutralisées. 

Bonjour Claude,

C’est une vaste question qui mériterait un long développement car il n’existe que peu de réponses univoques à ce problème. Clairement, l’environnement et le stress sont des facteurs à prendre en compte.

Les facteurs environnementaux recouvrent un grand nombre de situations diverses qui peuvent, par ailleurs se recouper. Pour être schématique, et donc un peu réducteur, ces polluants comprennent certains virus et micro-organismes, la radioactivité, naturelle ou artificielle, les substances chimiques qu’elles soient à usage industriel ou professionnel, dans l’air, sous forme de pesticides, en tant que substances contenues dans l’alimentation, y compris les additifs, les métaux, en particulier certains métaux lourds et les médicaments et les produits de cosmétologie, en particulier les teintures. De nombreuses substances ont été tour à tour incriminées avec des niveaux de preuve très variables.
Pourquoi ? La révolution industrielle a entraîné la production et la dissémination dans l'environnement, de millions de produits chimiques synthétiques ou et de substances plus ou moins bien caractérisées pour des domaines tels que l'énergie, les transports, l'agriculture, alimentation et la santé. Selon la Commission Européenne, environ 100 000 substances chimiques ont été commercialisées sans contrôle toxicologique suffisant. Ces produits peuvent se comporter comme des polluants toxiques persistants et contaminer l'air, le sol, l'eau et les denrées alimentaires. De plus, un nombre non négligeable d'entre eux sont cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction et par conséquent ils peuvent agir comme mutagènes ou être agents promoteurs ou les deux ou être co-carcinogènes, ce qui signifie qu'ils peuvent contribuer à la genèse de cancers et donc contribuer, parmi d’autres facteurs, à l’augmentation actuelle des cancers. Par exemple, les dérivés aromatiques polycycliques des hydrocarbures résultant de la combustion de ces substances sont mutagènes. Ils peuvent, en outre, adhérer aux fines particules de carbone et demeurer en suspension dans l'air et donc pénétrer aisément dans l'organisme car elles s'accumulent près du sol au niveau de l’air que nous respirons. Chez les adultes, une exposition à long terme à ces particules, comme celles contenues dans l'air des villes augmente le risque de cancer du poumon par 8 %, en dehors de tout tabagisme. Selon une étude récente de l'Europe, la proportion de cancers du poumon attribuables à la pollution de l'air liée au trafic et au tabagisme passif est estimée à 5–7% pour les non-fumeurs et à 16–24% chez les ex-fumeurs. Enfin, plusieurs études américaines et européennes ont trouvé une corrélation positive entre la densité de trafic local et l’incidence des leucémies chez l’enfant.

La théorie du stress à l’origine des cancers explique l’action du stress par l’intermédiaire du système immunitaire et des neuro-hormones. Chez les patients atteints de Sida, ou chez les patients transplantés soumis à des traitements immunosuppresseurs, l’immunodépression profonde et persistante est connue pour être associée à l’apparition de certains cancers comme les lymphomes, la maladie de Kaposi ou les cancers cutanés. Il existe aussi des relations entre stress et neurohormones hypothalamiques, hormones hypophysaires, sécrétion de cortisone, d’adrénaline et d’hormones sexuelles, qui pourraient jouer un rôle dans l’initiation ou la promotion de certains cancers.

Une publication récente a repris 32 études publiées sur les relations entre cancer et stress. En ce qui concerne les événements stressants de la vie et les cancers du sein, les résultats sont légèrement en faveur d’une augmentation du risque. Pour les autres cancers, les résultats sont variables. Une légère augmentation est retrouvée pour les cancers du col de l’utérus et, paradoxalement une diminution pour les cancers de l’endomètre et du côlon. Globalement, ces travaux sont plutôt en faveur d’une absence d’association à l’exception, peut-être, des cancers ayant un lien avec l’environnement œstrogénique chez les femmes, côlon et endomètre, où le stress apparaît protecteur. Aucune étude publiée à ce jour ne montre de lien significatif entre trouble de la personnalité et risque de cancer, à l’exception d’un sous-groupe de femmes caractérisé par une instabilité émotionnelle qui est associé à une augmentation du risque de cancer. Parmi les études publiées, seules deux rapportent des résultats significativement en faveur d’une augmentation du risque de cancer chez les sujets dépressifs, une troisième montre au contraire un risque réduit chez les dépressifs et quatre autres n’ont pas mis en évidence de liaison.

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Bonjour Claude,

C’est une vaste question qui mériterait un long développement car il n’existe que peu de réponses univoques à ce problème. Clairement, l’environnement et le stress sont des facteurs à prendre en compte.

Les facteurs environnementaux recouvrent un grand nombre de situations diverses qui peuvent, par ailleurs se recouper. Pour être schématique, et donc un peu réducteur, ces polluants comprennent certains virus et micro-organismes, la radioactivité, naturelle ou artificielle, les substances chimiques qu’elles soient à usage industriel ou professionnel, dans l’air, sous forme de pesticides, en tant que substances contenues dans l’alimentation, y compris les additifs, les métaux, en particulier certains métaux lourds et les médicaments et les produits de cosmétologie, en particulier les teintures. De nombreuses substances ont été tour à tour incriminées avec des niveaux de preuve très variables.
Pourquoi ? La révolution industrielle a entraîné la production et la dissémination dans l'environnement, de millions de produits chimiques synthétiques ou et de substances plus ou moins bien caractérisées pour des domaines tels que l'énergie, les transports, l'agriculture, alimentation et la santé. Selon la Commission Européenne, environ 100 000 substances chimiques ont été commercialisées sans contrôle toxicologique suffisant. Ces produits peuvent se comporter comme des polluants toxiques persistants et contaminer l'air, le sol, l'eau et les denrées alimentaires. De plus, un nombre non négligeable d'entre eux sont cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction et par conséquent ils peuvent agir comme mutagènes ou être agents promoteurs ou les deux ou être co-carcinogènes, ce qui signifie qu'ils peuvent contribuer à la genèse de cancers et donc contribuer, parmi d’autres facteurs, à l’augmentation actuelle des cancers. Par exemple, les dérivés aromatiques polycycliques des hydrocarbures résultant de la combustion de ces substances sont mutagènes. Ils peuvent, en outre, adhérer aux fines particules de carbone et demeurer en suspension dans l'air et donc pénétrer aisément dans l'organisme car elles s'accumulent près du sol au niveau de l’air que nous respirons. Chez les adultes, une exposition à long terme à ces particules, comme celles contenues dans l'air des villes augmente le risque de cancer du poumon par 8 %, en dehors de tout tabagisme. Selon une étude récente de l'Europe, la proportion de cancers du poumon attribuables à la pollution de l'air liée au trafic et au tabagisme passif est estimée à 5–7% pour les non-fumeurs et à 16–24% chez les ex-fumeurs. Enfin, plusieurs études américaines et européennes ont trouvé une corrélation positive entre la densité de trafic local et l’incidence des leucémies chez l’enfant.

La théorie du stress à l’origine des cancers explique l’action du stress par l’intermédiaire du système immunitaire et des neuro-hormones. Chez les patients atteints de Sida, ou chez les patients transplantés soumis à des traitements immunosuppresseurs, l’immunodépression profonde et persistante est connue pour être associée à l’apparition de certains cancers comme les lymphomes, la maladie de Kaposi ou les cancers cutanés. Il existe aussi des relations entre stress et neurohormones hypothalamiques, hormones hypophysaires, sécrétion de cortisone, d’adrénaline et d’hormones sexuelles, qui pourraient jouer un rôle dans l’initiation ou la promotion de certains cancers.

Une publication récente a repris 32 études publiées sur les relations entre cancer et stress. En ce qui concerne les événements stressants de la vie et les cancers du sein, les résultats sont légèrement en faveur d’une augmentation du risque. Pour les autres cancers, les résultats sont variables. Une légère augmentation est retrouvée pour les cancers du col de l’utérus et, paradoxalement une diminution pour les cancers de l’endomètre et du côlon. Globalement, ces travaux sont plutôt en faveur d’une absence d’association à l’exception, peut-être, des cancers ayant un lien avec l’environnement œstrogénique chez les femmes, côlon et endomètre, où le stress apparaît protecteur. Aucune étude publiée à ce jour ne montre de lien significatif entre trouble de la personnalité et risque de cancer, à l’exception d’un sous-groupe de femmes caractérisé par une instabilité émotionnelle qui est associé à une augmentation du risque de cancer. Parmi les études publiées, seules deux rapportent des résultats significativement en faveur d’une augmentation du risque de cancer chez les sujets dépressifs, une troisième montre au contraire un risque réduit chez les dépressifs et quatre autres n’ont pas mis en évidence de liaison.

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